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Frontiers of Feminist Resistance: Radical African Lesbian Feminist Organising in Africa

Civil society spaces are full of conversations. Central to these spaces is the need to share thoughts and ideas around the work we do and how to ease the growing backlash that activists experience when pushing back against oppressive spaces and powers. Despite the many strides that African women have made in various spaces, it remains imperative, in fact urgent, that spaces for African women only are created where we can speak with ease about our setbacks and successes. At the Sixth Changing Faces Changing Space (CFCSVI) Conference, such a space was created for the first time.

The Coalition of African Lesbians (CAL) was invited to create such a space for sharing, learning, political planning and fun. Integrating Open Space Technology and conversational sharing, CAL hosted a one day pre-conference at CFCSVI titled Frontiers of Feminist Resistance: Radical African Lesbian Feminist Organising in Africa. The space was a vibrant engagement of all senses, with a wellbeing space as well as a place for artistic expression and exploration.

During the course of the day, African lesbian and bisexual women were provoked to engage with the systemic and structural issues that inform and influence the work that is done to counter oppressive power structures in their communities and countries. Beyond naming the problem, the activists were encouraged to use art, our bodies and new approaches to explore root causes of these oppressions that are experienced by African women. It was important to be able to speak as African women, and to collect and share ideas that are often extracted by non-African institutions and entities. The power of speaking to our own problems, naming our issues and coming up with our own ideas became evident as the participants contributed passionately to the conversations and activities of the day.

Notably present in the space were lesbian and bisexual women from Francophone Africa, who spoke with a particular nuance and politic to their work. Often, when spaces for feminist sharing are created in Sub-Sahara Africa, French speaking activists and feminists are forgotten in the room. But this space had a passionate sharing of experiences and stories between women from North, West, Southern and East Africa. Missing in the space were women with disabilities, which remains an opportunity for intersectionality for feminist organising in Africa.

The CFCSVI Frontiers of Feminist Organising place was also an opportunity for these African women and activists to shape demands, dismantle language that we use often but without meaning, as well as, and most importantly, name their dreams for a feminist future. For hours, using crafts and art, women put together their dreams for a future free of violence, silencing and intimidation.

Speakers and participants reminded each other that we too, our well-being and wellness are as important as the social justice issues that we fight. We were reminded that we operate within and around the various layers and manifestations of patriarchy and that oftentimes we too become a source of silencing and oppression for other women and activists. It was an important moment for women to affirm each other as well as call each other to take responsibility and stay aware of the various kinds of oppressions that we both experience and participate in creating.

The participants of the Frontiers of Feminist Organising move on to the main CFCSVI Conference space with a greater awareness of what African women demand from the space, as well as with a sense of collective organising and sisterhood in the space and beyond.

En Francaise

Frontières de la résistance féministe: l’organisation féministe, africaine et radicale en Afrique.

Les espaces de la société civile sont remplis de conversations. Au centre des ces espaces, il est nécessaire de partager nos idées sur le travail que nous faisons et comment atténuer les contrecoups grandissants auxquels font face les activistes lorsqu’ils luttent contre des espaces et des pouvoirs oppressifs. Malgré les nombreuses avancées que les femmes africaines ont réalisées dans divers espaces, il est toujours impératif, et même urgent, que des espaces uniquement pour les femmes africaines soient créés, où nous pouvons parler avec facilité de nos revers et de nos succès. À la sixième conférence Changing Faces Changing Space (CFCSVI), un tel espace a été créé pour la première fois.

La Coalition des Lesbiennes Africaines (Coalition of African Lesbians (CAL)) a été invitée à créer un tel espace de partage, d’apprentissage, de planification politique et de divertissement. Intégrant la technologie Open Space (Espaces Ouverts) et le partage de conversation, CAL a organisé une pré-conférence d’un jour à la CFCSVI intitulée Frontières de la résistance féministe: l’organisation féministe, africaine et radicale en Afrique. Cet espace a été en engagement dynamique de tous les sens, y compris un espace de bien-être ainsi qu’un lieu d’expression et d’exploration artistique.

Au cours de la journée, les lesbiennes et femmes bisexuelles africaines ont été incitées à se pencher sur les problèmes systémiques et structurels qui informent et influencent le travail qui est fait afin de contrer les structures de pouvoirs oppressives dans leurs communautés et dans leurs pays. Au-delà la dénomination du problème, les activistes ont été encouragées à utiliser l’art, nos corps et de nouvelles approches afin d’explorer les causes qui sont à la source des oppressions vécues par les femmes africaines. Il était important de pouvoir parler en tant que femmes africaines et de recueillir et partager des idées, souvent extraites par des institutions et entités non-africaines. Le pouvoir de parler de nos propres problèmes, de définir nos problèmes et de proposer nos propres idées est devenu évident par les contributions passionnées des participantes, les conversations et les activités de la journée.

Notamment présentes dans cet espaces, les femmes lesbiennes et bisexuelles de l’Afrique francophone, ont parlé avec une nuance et une politique particulière de leur travail. Souvent, lorsque des espaces d’échange féministes sont créés en Afrique subsaharienne, les activistes et féministes francophones sont oubliées dans la salle. Mais cet espace a pu créer des échanges passionnés d’expérience et d’histoires entre les femmes de l’Afrique du nord, de l’ouest, australe et de l’est. Les femmes vivant avec un handicap étaient toutefois absentes de cet espace, ce qui représente toujours une opportunité d’intersection pour l’organisation féministe en Afrique.

La CFCSVI Frontières de l’organisation féministe a aussi été une opportunité pour ces femmes et activistes africaines de façonner leurs demandes, de démanteler le langage que nous utilisons souvent qui ne porte pas de signification, ainsi que, et surtout, de nommer leurs rêves pour un futur féministe. Pendant des heures, en utilisant l’artisanat et l’art, les femmes ont rassemblé leurs rêves pour un futur sans violence, silence et intimidation.

Les conférencières et participantes se sont rappelées que pour nous aussi, notre bien-être est aussi important que les problèmes de justice sociale pour lesquels nous nous battons. Nous nous sommes rappelé que nous opérons au sein et autour de diverses couches et manifestations du patriarcat et que, souvent, nous devenons aussi une source de silence et d’oppression pour d’autres femmes et activistes. Ceci a été un moment important pour les femmes de s’affirmer les unes les autres ainsi que s’appeler mutuellement à prendre en charge et reconnaître les diverses formes d’oppressions que nous vivons et auxquelles nous participons.

Les participantes à la Frontières de l’organisation féministe passent maintenant à l’espace principale de la conférence CFCSVI avec une plus grande conscience de ce que les femmes africaines demandent de cet espace, ainsi qu’avec un sentiment d’organisation collective et de fraternité dans cet espace et au-delà.

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