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Joint stakeholder letter to the African Commission on Human and Peoples’ Rights for the review of the period report of the Democratic Republic of Congo at the 61st Session

The African Commission on Human and Peoples’ Rights

5 November 2017

Dear Commissioners,

Joint stakeholder letter to the African Commission on Human and Peoples’ Rights for the review of the period report of the Democratic Republic of Congo at the 61st Session, 1 – 14 November 2017

  1. Si Jeunesse Savait is a feminist group formed in 2001 and based in Kinshasa, the Democratic Republic of Congo (DRC). SJS has 115 members and more than 2000 supporters around Congo. SJS builds the leadership skills of young women in sexual and reproductive rights, information and communication technologies and entrepreneurship.
  2. The Coalition of African Lesbians is a feminist, activist and pan Africanist network of 14 organisations in 11 countries in sub-Saharan Africa committed to advancing freedom, justice and bodily autonomy for all women on the African continent and beyond. CAL has observer status to the African Commission on Human and Peoples’ Rights.
  3. SJS and CAL welcomes the opportunity to make this short submission to the African Commission on Human and Peoples’ Rights for consideration as part of the review of the Democratic Republic of Congo’s compliance with the African Charter on Human and Peoples’ Rights (the Banjul Charter) and the Protocol to the African Charter to the African Charter on the Rights of Women (the Maputo Protocol).
  4. We commend the DRC on submitting its 11th, 12th and 13th Periodic Reports on the implementation of the African Charter on Human and Peoples’ Rights and its Initial Report and 1st, 2nd and 3rd Periodic Reports on the implementation of the Protocol to the African Charter on Human and Peoples’ Rights on the Rights of Women, bringing the DRC up to date with its reporting obligations to the African Commission.
  5. We also note the positive developments that have been made by the DRC to conform to the Maputo Protocol by improving the Family Code and Gender Parity Law in 2015.
  6. We are however concerned by the limited engagement with civil society in the drafting of this report. We urge the government of the DRC to commit to enabling greater participation of civil society groups, particularly those working with women who face multiple and intersectional forms of oppression and discrimination, during the preparation of the reports and also ensuring the implementation of the concluding observations that will result from this process.
  7. We are however deeply concerned by the highly restrictive legal, cultural, social and economic conditions that surround sexual and reproductive rights and health of women which stand in direct opposition to DRC’s commitments and obligations with respect to international and regional treaties and norms.
  8. In particular, we wish to draw the attention of this Commission to the laws that prohibit abortion on almost all grounds, placing harsh criminal penalties on women and girls who seek abortion, and for those performing abortions or advertising such services.
  9. These laws and administrative barriers to abortion effectively force women to seek illegal and often unsafe abortions. A recent study conducted in Kinshasa found that three in five pregnancies were unplanned, and about two in five unplanned pregnancies are resolved through abortion. The vast majority of these were illegal abortions. The same study pointed to the need for greater access to modern contraception and SRHR services to reduce the number of unplanned pregnancies1
  10. The causal relationship between the restrictive legal framework and DRC’s high levels of maternal mortality and morbidity as well as other severe emotional, physical health consequences has been the subject of various international and regional treaty monitoring bodies recommendations to DRC2.
  11. SJS and CAL respectfully submits the following questions to the Democratic Republic of Congo:

a. On sexual and reproductive health services: Will the State implement measures to ensure the removal of parental consent and administrative and legal barriers for girls and women in particular to access full and comprehensive sexual and reproductive health services including: access to contraception, abortion services without any restrictions, and pre- and post-natal care.

b. How will the State address the alarming rate of maternal mortality and specifically reduce death from unsafe abortion? What steps will the State take to review the restrictive abortion law, which contributes to high rates of maternal death from unsafe abortion, in violation of women’s right to life?

c. Since abortion is criminalized and carries a penalty for women, we ask that the Commission questions the state on the law’s implementation and if there are women in prison for having illegal abortions. What are the measures the State is going to take for women who are already in prison for abortion related offenses to comply with the Maputo Protocol?

12. We thank you for your consideration of our submission.


La Commission Africaine des Droits de l’Homme et des Peuples

5 Novembre 2017

Chers Commissionnaires,

Lettre conjointe des parties prenantes à la Commission Africaine des Droits de l’Homme et des Peuples pour la revue du rapport périodique pour la République Démocratique du Congo à la 61e Session, 1-14 Novembre 2017

  1. Si Jeunesse Savait est une association féministe créé à Kinshasa, République Démocratique du Congo (RDC) en 2004. SJS a 115 membres et plus de 2000 supporteurs à travers le Congo. SJS travaille à renforcer les capacités de leadership des jeunes femmes aux droits sexuels et reproductifs, aux technologies de l’information et des communications et à l’entrepreneurship.
  2. La Coalition des Lesbiennes Africaines (Coalition of African Lesbians -CAL) est un réseau féministe, activistes, pan Africaniste de 14 organisations dans 11 pays en afrique sub-saharienne  qui se sont engagées à faire la promotion de la liberté, la justice et l’autonomie corporelle pour toutes les femmes sur le continent africain et au-delà. CAL a le statut d’observateur auprès de la Commission Africaine des Droits de l’Homme et des Peuples.
  3. SJS et CAL se réjouissent de l’opportunité de faire un courte soumission à la Commission Africaine sur les Droits de l’Homme et des Peuples, pour considération dans le cadre de l’examen de conformité de la République Démocratique du Congo avec la Charte Africaine des Droits de l’Homme et des Peuples (la Charte de Banjul) et le Protocole à la Charte Africaine des Droits de l’Homme et des Peuples relatifs aux droits des Femmes (Protocole de Maputo)
  4. Nos félicitons la RDC pour la soumission des ses 11e, 12e et 13e Rapports Périodiques sur la mise en œuvre de la Charte Africaine des Droits de l’Homme et des Peuples et son Rapport Initial et ses 1er, 2e et 3e Rapports Périodiques sur la mise en œuvre du  Protocole à la Charte Africaine des Droits de l’Homme et des Peuples relatifs aux droits des Femmes, mettant à jour la RDC dans ses obligations de rapport auprès de la Commission Africaine.
  5. Nous notons également les avancées significatives de la RDC en matière des stqatuts des droits emmes notamment sur la révision du Code de la Famille ainsi que sur la loi sur la parité qui ont été promulgués en 2015 afin de se conformer au Protocole de Maputo
  6. Nous sommes toutefois très préoccupées par le manque de participation de la société civile à la rédaction de ce rapport. Nous demandons au gouvernement de la RDC d’impliquer une plus grande participation des groupes de la société civile, lors  de la préparation des rapports, particulièrement des groupes travaillant  pour les droits des femmes  et qui font face à des formes multiples et intersectionelles d’oppressions et de discriminations. Nous demandons aussi au gouvernement d’assurer la mise en œuvre des observations de conclusion qui seront le résultat de ce processus.
  7. Nous sommes concernées par les conditions socio-économiques, culturelles et juridiques très restrictives en matière droits et de santé sexuelle et reproductive pour les femmes, et qui sont directement contraires aux engagements et obligations de la RDC en matière de respect des traités et normes internationaux et régionaux.
  8. Nous aimerions attirer l’attention de la Commission plus particulièrement sur les lois qui interdisent l’avortement pour presque tous les motifs, imposant des sanctions pénales sévères aux femmes et aux filles ayant recours à l’avortement ainsi que pour ceux et celles qui offrent des services d’avortements ou qui en font la publicité.
  9. Ces obstacles législatifs et administratifs à l’avortement forcent effectivement les femmes à chercher des services d’avortement illégaux. Une étude récente conduite à Kinshasa a conclu que trois grossesses sur cinq ne sont pas planifiées, et que deux grossesses sur cinq non planifiées se sont soldées par un avortement. La grande majorité des ces avortements sont illégaux. La même étude à démontré le besoin pour un accès plus facile à la contraception et au services de SSR afin de réduire le nombre de grossesses non désirées et les avortements illégaux1.
  10. La relation causale entre le cadre légal restrictif, lahausse du taux de mortalité maternelle en RDC, ainsi que d’autres conséquences sévères (émotionnelles, physiques et de santé) ont été le sujet des recommandations de plusieurs organes de suivi des traités internationaux et régionaux pour la RDC2.
  11. SJS et CAL soumettent respectueusement les questions suivantes à la République Démocratique du Congo :

a. En matière de santé sexuelle et reproductive: Est-ce que l’État mettra en oeuvre des mesures pour éliminer la nécessité du consentement parental ainsi que d’éliminer les obstacle administratifs et légaux pour les filles et les femmes en particulier en ce qui concerne l’accès à des services complets de santé sexuelle et reproductive y compris: l’accès à la contraception, aux services d’avortements sans aucune restriction et les soins pré-nataux et post-nataux.

b. Comment l’État réagit -il au taux alarmant de mortalité maternelle et plus spécifiquement plus spécifiquement les mécanismes mis en place pour réduire la mortalité dû à l’avortement illégal? Quelles sont les mesures que l’État prendra afin de revoir la loi restrictive sur l’avortement, qui contribue au taux élevé de mortalité maternelle, dû aux avortements à risque, en violation du droit des femmes à la vie.

c. Puisque l’avortement est criminalisé et entraîne une peine pour les femmes, nous demandons que la Commission interroge l’État sur la mise en oeuvre de la loi, et s’il existe des femmes en prison qui on été condamnées pour avoir obtenu un avortement illégal. Que fera l’État pour rectifier ces emprisonnements, qui entre en contradiction avec la ratification du Protocole de Maputo.

12. Nous vous remercions du temps que vous prendrez à considérer notre soumission.

1Chae, S, Kayembe, P, Philbin, J, Mabika, C and Bankole A The incidence of induced abortion in Kinshasa, Democratic Republic of Congo, 2016 published online https://doi.org/10.1371/journal.pone.0184389

2See for instance CEDAW/C/COD/CO/5, para 36 (25/8/2006) and CEDAW/C/COD/CO/6-7, para 31-32

 

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