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Joint Statement to the 61st session of the African Commission on Human and Peoples’ Rights in response to the Report by the Special Rapporteur on the Rights of Human Rights Defenders in Africa

[French follows]

November 9, 2017

Madame Chairperson, Honourable Commissioners,

The Coalition of African Lesbians makes this statement written after a consultative meeting with Women Human Rights Defenders from 14 organizations on the eve of this auspicious gathering. Over the years, this Commission has stood firm behind human rights defenders and their important role in protecting and promoting a broad range of civil, political, social, cultural and economic rights. In particular, we acknowledge the role of Madame Reine Alapini-Gansou for her tireless commitment to ensure recognition for the work and contribution of women human rights defenders.

Madame Chairperson, women human rights defenders face specific challenges in doing their work due to the persistence of a number of factors in the environments in which they work, specifically; patriarchy, heteronormativity, militarization, gender power differentials and stereotypes, and religious and other forms of fundamentalisms. These challenges have been well documented in the groundbreaking Study on the Situation of Women Human Rights Defender in Africa, adopted by the African Commission in 2015. The Study and the recently adopted Cotonou Declaration on Strengthening and Expanding the Protection of all Human Rights Defenders in Africa, make specific calls to different bodies to respect, protect and fulfil the rights of all human rights defenders.

Despite the Study and the Declaration setting out a clear roadmap for greater accountability of States and improving the promotion and protection of WHRDs rights, most States have been slow to implement these. We commend Côte d’Ivoire and Burkina Faso for passing legislation that provides a protective legal environment for HRDs to do their work, and welcome that other States such as Sierra Leone are considering the same. However, even these States need to go further to ensure the specific rights violations experienced by WHRDs are adequately recognized, that independent and effective protection mechanisms are designated to address the specific protection needs, and that remedies are made available.

Meanwhile, laws and practices that continue to discriminate against women, coupled with draconian anti-terrorism legislation and restrictive NGO regulations present challenging environments for women human rights defenders to conduct their work. Within such legislative frameworks, their legitimate work is often unduly criminalized.

As WHRDs working in 11 countries in Africa, on various women’s rights concerns, we commit to: 1) build awareness and solidarity among WHRDs through national and regional consultations to develop implementation plans, and 2) to continue to engage with the ACHPR, and the new Special Rapporteur on Human Rights Defenders in particular, with the view to follow up on the study, including through mainstreaming WHRD issues in NGO shadow reports.

We further note, in iteration of the WHRD report, that the failure to recognize these and other such violations against women human rights defenders is in itself a violation of their rights.

We call on member states to:

  1. To fulfil their obligations towards ensuring that women human rights defenders are not maltreated and threatened as they work to promote human rights in their countries,
  2. To take cognizance of the report on the situation of the women human rights defenders by the Special Rapporteur on Human Rights Defenders, with specific attention to its recommendations.

We call on the African Commission to:

  1. Popularise the report by the Special Rapporteur on the Situation of Women Human Rights Defenders in Africa and to develop an implementation strategy of the recommendations in the report.
  2. Develop guidelines on the protection of women human rights defenders as a follow-up to the study on women human rights defenders, with indicators for tracking and monitoring actions taken by States.
  3. Actively work to create and maintain an enabling environment for WHRDs for meaningful participation within the African Commission and its processes including by continuing to defend the African Commission’s independence and autonomy in relation to interference by member states.
  4. Organise a multi-stakeholder panel at the next 62nd Ordinary Session of the African Commission to further discuss the recommendations contained in the Cotonou Declaration and the Study on the Situation of Women Human Rights Defenders and the opportunities and challenges for implementation.

Thank you Madam Chairperson.


Déclaration Conjointe à la 61e session de la Commission Africaine des Droits de l’Homme et des Peuples en réponse au Rapport du Rapporteur Spécial sur les Droits des Défenseur(e)s des Droits de l’Homme en Afrique. 

Novembre 9, 2017

 Madame la Présidente, Honorables Commissaires,

La Coalition des Lesbiennes Africaines (Coalition of African Lesbians – CAL) présente cette déclaration écrite suite à une rencontre consultative avec des femmes défenseures des droits de l’Homme et des femmes de 14 organisations qui s’est tenue à la veille de ce rassemblement. Au fil des ans, la Commission a supporté fermement les défenseurs des droits de l’Homme et leur rôle important dans la protection et la promotion d’un grand éventail de droits civils, politiques, sociaux, culturels et économiques. Nous reconnaissons particulièrement le rôle de Madame Reine Alapini-Gansou pour son inlassable engagement afin d’assurer la reconnaissance du travail et de la contribution des femmes défenseures des droits de l’Homme et des femmes.

Madame la Présidente, les femmes défenseures des droits de l’Homme et des femmes font face à des difficultés spécifiques dans leur travail en raison de la persistance d’un nombre de facteurs présents dans leurs environnements de travail, en particulier; le patriarcat, l’hétéronormativité, la militarisation, les écarts de pouvoir entre les genres et les stéréotypes,  ainsi que les fondamentalismes religieux et tout autre formes de fondamentalismes. Ces obstacles ont été bien documentés dans l’étude innovatrice sur la Situation de Femmes Défenseures des Droits de l’Homme en Afrique, adoptée par la Commission Africaine en 2015. L’étude et la Déclaration de Cotonou sur le renforcement et l’élargissement de la protection de l’ensemble des défenseures des droits de l’homme en Afrique font appel spécifiquement aux différent organes à respecter, protéger et accomplir les droits de tous les défenseurs des droits de l’Homme.

Malgré que l’étude et la déclaration établissent une feuille de route claire pour une plus grande responsabilité des États et pour l’amélioration de la promotion et la protection des droits des FDDH, la plupart des États prennent du temps à appliquer les recommandations indiquées dans les deux documents.

Nous félicitons la Côte d’Ivoire et le Burkina Faso qui ont adopté une législation fournissant un environnement juridique qui protège les DDH dans leur travail et nous nous réjouissons que d’autres États tels la Sierra Leone considèrent en faire de même. Toutefois, ces États doivent aussi aller plus loin afin de garantir que les violations des droits des FDDH soit adéquatement reconnues, que des mécanismes indépendants et efficaces de protection soient créés pour répondre aux besoins spécifiques de protections et que des recours soient mis à disposition des FDDH.

Pendant ce temps, des lois et des pratiques qui continuent de faire de la discrimination contre les femmes, associées à des réglementations draconiennes sur l’anti-terrorisme ainsi que des réglementations restrictives pour les ONG présentent un environnement difficile de travail pour les femmes défenseures des droits de l’Homme et des femmes. Dans de tels cadres législatifs restrictifs, leur légitime travail est souvent indûment criminalisé.

En tant que FDDH travaillant dans 11 pays d’Afrique sur des thématiques variées liées aux droits des femmes, nous nous engageons à : 1)renforcer la sensibilisation et la solidarité parmi les FDDH par des consultations nationales et régionales pour développer des plans de mis en œuvre, et 2) continuer à collaborer avec la CADHP, et particulièrement avec le nouveau Rapporteur Spécial sur les Défenseurs des Droits de l’Homme, avec l’objectif de donner suite à l’étude, y compris en intégrant les questions des FDDH dans les rapports alternatifs des ONG.

Nous notons également, dans l’itération du rapport sur les FDDH, que le fait de ne pas reconnaître ces violations et d’autres violations contres les femmes défenseures des droits de l’Homme et des femmes est en soi une violation de ces droits.

Nous appelons les États membres à :

  1. Remplir leurs obligations et assurer que les femmes défenseures des droits de l’Homme et des femmes ne soient pas maltraitées et menacées dans leur travail de promotion des droits de l’Homme dans leurs pays.
  2. De prendre connaissance du rapport sur la situation des femmes défenseures des droits de l’Homme et des femmes par le Rapporteur Spécial sur les Défenseurs des Droits de l’Homme, en portant une attention spécifique à ses recommandations.

Nous appelons la Commission Africaine à :

  1. Populariser le rapport du Rapporteur Spécial sur la Situation des Femmes Défenseures des Droits de l’Homme en Afrique et de développer une stratégie de mise en œuvre des recommandations du rapport.
  2. Développer des lignes directrices sur la protection des femmes défenseures des droits de l’Homme et des femmes en suivi à l’étude sur les femmes défenseures des droits de l’Homme, avec des indicateurs afin de mesurer et suivre les actions prises par les États.
  3. Travailler activement à créer et maintenir un environnement favorable pour la participation active des FDDH au sein de la Commission Africaine et de ses processus, y compris en continuant de défendre l’indépendance et l’autonomie de la Commission Africaine en rapport à l’interférence de ses États membres.
  4. Organiser un panel multi-parties à la 62e Session Ordinaire de la Commission Africaine afin de discuter plus en profondeur les recommandations contenues dans la Déclaration de Cotonou et l’Étude sur la Situation des Femmes Défenseures des Droits de l’Homme et les opportunités et défis pour la mise en œuvre.

Merci, Madame la Présidente.

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