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HRC39: Joint statement: Calling on states to halt the dismantling of our human rights systems

[la version française suit ci-dessous]

A shorter version of this statement was presented at the 39th session of the Human Rights Council under item 8.

 

 

I make this statement on behalf of the Association for Women’s Rights in Development, the Coalition of African Lesbians, the Sexual Rights Initiative, and the Association for Progressive Communications.

The Vienna Declaration affirms the duty of all states to promote and protect all human rights – indivisible and universal – prioritizing women’s human rights and the eradication of all forms of gender-based discrimination. Yet, we observe with alarm today intensifying attacks on our human rights systems and protections, and particular threats to Women Human Rights Defenders.

Around the world, movements of the extreme right are growing in power.

Activists are confronted by multiple and intersecting oppressions on the rise: authoritarianism, ultra-nationalism, racism, neo-colonialism, corporate capture, militarism, and fundamentalisms. WHRDs face increasingly repressive environments and threats to their legitimacy and security, and are subject to threats, intimidation, harassment, defamation campaigns, violence, discrimination, and attacks in an attempt to restrict their access and engagement with the UN.

States have violated the rights of defenders and feminist movements in recent years by a number of interrelated measures, including:

  • criminalization and stigmatization of human rights defenders;
  • restrictions on their rights to freedom of assembly and expression (including surveillance);
  • restrictions on funding for CSOs; administrative barriers; and
  • anti-rights actors colluding in intimidation, attacks and reprisals against civil society.

States then seek impunity for their violations by delegitimizing and undermining the national and international legal frameworks for the protection of human rights defenders and our human rights frameworks as a whole.

The recent decision of the African Union requiring the ACHPR to revise its criteria for granting and withdrawing observer status for NGOs, for example, mirrors similar attacks on the global human rights system. The decision of the ACHPR to withdraw the Coalition of African Lesbians’ observer status, following instructions from the Executive Council of the AU, is a clear illustration of threats enacted by states to civil society participation and defenders working to advance and defend human rights on the continent.

Not only is this decision an expression of the misogynistic and homophobic backlash against activists and WHRDs worldwide, it is a sign that the ACHPR has lost its independence.

Without an effective, independent and rights based African Commission on Human and Peoples’ Rights, rights holders are left to defend themselves against the routine and persistent rights violations perpetrated by the powerful – including corrupt corporations and government officials.

Furthermore, States are increasingly and opportunistically using terms like ‘morals’, ‘values, ‘culture’ and ‘family’, to undermine human rights and delegitimize defenders. These terms do not belong in the human rights framework.  The African Union, by its interpretation of the ‘African Values’ of the African Charter on Human and Peoples’ Rights is actively pushing for homogenisation without recognising the diversity of the continent, that values and culture are not static but change, and is using this to further entrench discrimination and violence against women and non-normative people.

It is clear that we require an urgent response to the growing global trend of pushback and reprisals against feminist activists and WHRDs, and the moves to undermine and delegitimize our human rights systems.

We call upon States to speak out and counter anti-rights propaganda and the dismantling of the global and African human rights mechanisms.


Appel aux États à mettre un terme au démantèlement de nos systèmes des droits de l’Homme

Je fais cette déclaration au nom de l’Association pour les droits des femmes dans le développement (AWID), la Coalition des lesbiennes africaines (CAL), l’Initiative pour les droits sexuels (SRI), et l’Association pour le progrès des communications (APC).
La Déclaration de Vienne affirme le devoir de tous les États de promouvoir et de protéger tous les droits de l’Homme – indissociables et universels – en accordant la priorité aux droits des femmes et à l’élimination de toutes formes de discrimination basée sur le genre. Cependant, nous observons avec inquiétude aujourd’hui des attaques croissantes contre nos systèmes et protections des droits de l’Homme, et des menaces particulières qui pèsent contre les militant-es pour les droits humains des femmes (MDHF).

Partout à travers le monde, les mouvements d’extrême droite gagnent du terrain.

Les activistes sont confrontés à de multiples oppressions croisées : autoritarisme, ultra-nationalisme, racisme, néocolonialisme, influence indue des corporations, militarisme et fondamentalismes. Les MDHF sont confrontées à des environnements de plus en plus répressifs et à des menaces atteignant leur légitimité et leur sécurité. Elles sont aussi sujettes à des menaces, de l’intimidation, du harcèlement, de campagnes de diffamation, de violence, de discrimination et d’attaques dans le but de restreindre leur accès à leur engagement avec l’ONU.
Les États ont violé les droits des défenseures et des mouvements féministes au cours des dernières années par un certain nombre de mesure interdépendantes, notamment :

  • la criminalisation et la stigmatisation des défenseurs des droits humain;
  • les restrictions sur leurs droits à la la liberté de réunion et d’expression (y compris la surveillance);
  • les restrictions sur le financement des organisations de la société civile; les obstacles administratifs; et
  • les acteurs anti-droits qui sont impliqués dans des actes d’intimidation, des attaques et des représailles contre la société civile.

Les États cherchent alors l’impunité pour leurs violations en délégitimant et en sapant les cadres juridiques nationaux et internationaux pour la protection des défenseurs des droits de l’Homme et de nos cadres des droits de l’Homme dans leur ensemble.
Par exemple, La récente décision de l’Union Africaine demandant à la CADHP de réviser ses critères d’octroi et de retrait du statut d’observateur pour les ONGs, reflète des attaques similaires contre le système mondial des droits de l’Homme. La décision de la CADHP de retirer le statut d’observateur de la Coalition des lesbiennes africaines (CAL), suite aux instructions du Conseil exécutif de l’UA, illustre clairement les menaces que font peser les États sur la participation de la société civile et les défenseurs travaillant à faire avancer et à défendre les droits humains sur le continent.

Non seulement cette décision est une expression d’un contre-coup misogyne et homophobe contre les militant-es et les MDHF à travers le monde, mais elle signale aussi que la CADHP a perdu son indépendance.

Sans une Commission Africaine des droits de l’Homme et des Peuples efficace, indépendante et fondée sur les droits, les détenteurs de droits doivent se défendre seuls contre les violations des droits systématiques et persistantes perpétrées par ceux qui détiennent le pouvoir – y compris les corporations et les responsables gouvernementaux corrompus.
De plus, les États utilisent de plus en plus de manière opportuniste des termes tels que « morale », « valeurs », « culture » et « famille » afin de saper les droits de l’Homme et délégitimer les défenseur-es. Ces termes n’appartiennent pas au cadre des droits de l’Homme. L’Union Africaine, par son interprétation des « valeurs africaines » de la Charte Africaine des Droits de l’Homme et des Peuples, milite activement en faveur de l’homogénéisation sans reconnaître la diversité du continent, et sans reconnaître que les valeurs et la culture ne sont pas statiques mais changent. L’UA utilise ceci afin de renforcer de plus belle la discrimination et la violence contre les femmes et les personnes non normatives.
Il est clair que nous avons besoin d’une réponse urgente à la tendance mondiale croissante de contre-coup et de représailles contre les activistes féministes et les MDHF, et aux mesure prises pour saper et délégitimer nos système des droits de l’Homme.

Nous appelons les États à dénoncer et à contrer la propagande anti-droits et le démantèlement des mécanismes mondiaux et africains de défense des droits de l’Homme.

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