Banner Eng1

HRC39: Civil Society Statement on the Global Day of Action for Legal and Safe Abortion

[la version française suit ci-dessous]

At the 39th session of the Human Rights Council, CAL co-signed with 222 other civil society organisations a statement on the Global Day of Action for Legal and safe abortion through its work with the Sexual Rights Initiative. Read the statement in English and in French below.

 

Mr. President,

Through the Vienna Declaration and Programme of Action, States explicitly agreed to prioritize the realization of all women’s human rights. From Ireland, to Argentina, to South Korea, to Poland and to the Democratic Republic of Congo, women human rights defenders around the world are taking to the streets, to the courtrooms and to the ballot boxes to reclaim control over their own bodies and lives by demanding access to comprehensive abortion care. We unite in solidarity to recognize the shared roots of multiple and intersecting forms of discrimination in our struggles.

Although sexual and reproductive health and rights (SRHR) have been broadly recognized under international law, women human rights defenders (WHRDs) working on these rights often face harassment, discrimination, stigma, criminalization and physical violence.2 As highlighted by UNGA resolution 68/181, the first ever resolution focusing on WHRDs, such abuses are violations of a person’s fundamental rights to life, liberty, psychological and physical integrity, privacy, freedom of opinion and expression, association and peaceful assembly.

Human rights violations perpetrated against abortion rights defenders and providers are part of a broader framework of backlash against sexual and reproductive rights aimed at instrumentalizing women’s bodies and lives3. Through restrictive and/or discriminatory laws and policies, some states fail to prevent or actively perpetuate these violations. In doing so, they institutionalize abortion stigma and create a hostile environment for abortion providers to carry out their work. Many persist, but others are harassed, or threatened until they cease providing such care. This forces persons – including girls – with unwanted pregnancies to risk their lives, health and well-being by turning to unsafe abortion. It is the State’s obligation to repeal or eliminate laws, policies and practices that criminalize, obstruct or undermine individual’s or group’s access to sexual and reproductive health facilities, services, goods and information, including restrictive abortion laws.

States can no longer ignore the scientific evidence, the jurisprudence and the growing consensus among human rights bodies that abortion rights are human rights. The criminalization of abortion and the failure to ensure access to comprehensive abortion care has been found to be a violation of, inter alia, the rights to health, to bodily autonomy, freedom from discrimination, to the benefits of scientific progress, to privacy and to be free from torture and cruel, inhuman, or degrading treatment amongst other human rights. In addition, impunity for attacks on abortion rights defenders, including abortion providers, is a clear violation of the principles set forth in the Declaration of Human Rights Defenders.

Therefore, today, on September 28, Global Day of Action for Access to Safe and Legal Abortion, we stand together as abortion rights defenders, allies and supporters from around the world and call on the Council to condemn attacks on abortion rights defenders and to urgently address the human rights violations arising from the denial of comprehensive abortion care through its resolutions, decisions, dialogues, reviews and debates. Further, we demand that governments across the world respect, protect and fulfill the right of WHRDs working to ensure comprehensive abortion care and post-abortion care to do their work free from all forms of intimidation, harassment and violence from both State and non-State actors.
Thank you, Mr. President.


À la 39e session de la Conseil des droits de l’Homme, CAL a co-signé avec 222 autres organisations de la société civile, une déclaration sur la Journée mondiale d’action pour l’accès à l’avortement légal et sans risque via notre travail avec l’Initiative pour les Droits Sexuels. Consultez la déclaration en anglais et en français ci-dessous.

 

Monsieur le Président,
Par la Déclaration et le Programme d’action de Vienne, les États ont convenu de prioriser la réalisation des droits humains de toutes les femmes. À travers le monde, de l’Irlande jusqu’en Argentine, en passant par la Corée du Sud, la Pologne et la République démocratique du Congo, des militantes et des militants pour les droits humains des femmes descendent dans la rue, font appel aux tribunaux et passent au vote pour reprendre le contrôle de leurs corps et de leurs vies en réclamant l’accès à des soins complets pour l’avortement. Nous nous unissons solidairement pour reconnaître les racines communes des formes de discrimination multiples et intersectionnelles, dans nos luttes.
Même si la santé et les droits sexuels et génésiques (SDSG) sont largement reconnus en droit international, les militant-es pour les droits humains des femmes (MDHF) qui mènent cette lutte rencontrent souvent du harcèlement, de la discrimination, la criminalisation et la violence physique. Comme le souligne la résolution no 68/181 de l’Assemblée générale de l’ONU, la toute première à être consacrée aux MDHF, ces abus constituent des violations des droits individuels fondamentaux à la vie, à la liberté, à l’intégrité psychologique et physique, à la vie privée et aux libertés d’opinion, d’expression, d’association et de réunion pacifique.

Les violations de droits humains des militant-es pour le droit à l’avortement et des fournisseuses et fournisseurs de services d’avortement font partie d’un mouvement plus large d’hostilité à l’encontre des droits sexuels et génésiques qui vise à instrumentaliser le corps et la vie des femmes. Par leurs lois et politiques restrictives et/ou discriminatoires, certains États échouent à prévenir ces violations ou les perpétuent activement. Ce faisant, ils institutionnalisent la stigmatisation de l’avortement et créent un environnement de travail hostile aux fournisseuses et fournisseurs de services d’avortement. Plusieurs de ces professionnel-les persistent, mais d’autres se voient harcelé-es ou menacé-es jusqu’à devoir cesser de fournir ces soins. Ceci force des personnes – y compris des filles – en situation de grossesse non désirée à devoir risquer leur vie, leur santé et leur bien-être en se tournant vers des formes d’avortement pratiquées dans des conditions dangereuses. Or l’État a l’obligation d’abroger toute loi, politique ou pratique qui criminalise, entrave ou fragilise l’accès individuel ou collectif à des établissements, services, biens et informations de santé – et ceci inclut les lois restrictives sur l’avortement.

Les États ne peuvent plus ignorer les preuves scientifiques, la jurisprudence et le consensus grandissant, parmi les instances de droits humains, qui affirment que le droit à l’avortement est un droit humain. La criminalisation de l’avortement et le défaut d’assurer l’accès à des soins complets pour l’avortement sont considérés comme des violations, entre autres, des droits à la santé, à l’autonomie corporelle et à la protection contre la discrimination, du droit de bénéficier des progrès scientifiques, du droit à la vie privée et du droit à la protection contre la torture et les traitements cruels, inhumains ou dégradants.2 De plus, l’impunité des attaques à l’encontre des militant-es pour le droit à l’avortement, y compris les fournisseuses et fournisseurs de services d’avortement, est une violation claire des principes de la Déclaration sur les défenseurs des droits de l’homme.

Par conséquent, aujourd’hui, le 28 septembre, en cette Journée mondiale d’action pour l’accès à l’avortement légal et sans risque, nous nous unissons, militantes et militants, allié-es, supporteurs et supportrices du droit à l’avortement aux quatre coins du monde, et exhortons le Conseil à condamner les attaques à l’encontre des militant-es pour le droit à l’avortement et à répondre de toute urgence aux violations de droits humains découlant du refus de soins d’avortement complets – par ses résolutions, ses décisions, ses dialogues, ses examens et ses débats. Par ailleurs, nous enjoignons les gouvernements à travers le monde de respecter, de protéger et de réaliser le droit des MDHF de travailler à assurer l’accès complet aux soins d’avortement et post-avortement en étant protégé-es contre toutes les formes d’intimidation, de harcèlement et de violence de la part d’acteurs étatiques et non étatiques.

Merci, Monsieur le Président.

 

Translate »
Search